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Polisse (2011) : Coupables et coupable
Un noble principe serait de ne pas critiquer trop brutalement la création intellectuelle ou artistique. « Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai pour que vous puissiez le dire » disait Voltaire. Dans le cas de Polisse il me paraît nécessaire de déroger à cette règle car les déploiements de violence doivent être légitimés par une fin juste. En brutalisant, Polisse laisse de côté l’objectif originel du cinéma : donner une âme aux personnages.
Toutes les classes sociales passent au travers d’une machine à caricaturer enfermant les individus dans leur case de coupable ou de victime, leur niant toute possibilité d’une personnalité plus complexe. Seuls les asiatiques ont la chance de s’en sortir dignement, son représentant étant « seulement » accusé de bigamie, sans d’ailleurs que l’on ne puisse percevoir de lien avec la protection des mineurs.
Dans le générique, un membre de l’équipe a été chargé du « contact avec les camps roms » ; comment (faire) accepter d’être dépeint comme vivant du proxénétisme ?
Au terme de deux heures d’une violence insoutenable, quelle conclusion tirer du film ? Que la police fait un métier difficile ? Pour ce « prix » on aurait été en droit d’attendre un regard inhabituel ou à minima tracer une voie vers l’amélioration des mauvaises conditions de travail des policiers. Mais après un tel déferlement toute tentative d’analyse est impossible. Ce qui explique peut-être le peu de débat par rapport à La Journée de la Jupe par exemple.
En fin de compte, parmi tous ces êtres violés, le seul personnage à se refaire une virginité est Joey Starr, qui bénéficie d’un rôle d’une réelle humanité. On se questionne alors sur les motivations de cette entreprise de révisionnisme. Quand parmi les pires horreurs humaines sont prises en otage d’un égo-trip abjecte, le sentiment de dégoût nous accompagne à la sortie du cinéma.
andbeyond, Mercredi 07.03.12, 23.30, rubrique "The world".
“En secret”, 2011 (Circumstance) : Follow the Mainline or the branch line ?
Les deux héroïnes n’auront jamais été forcées à briser leur passion amoureuse – la possibilité de l’étranger est bien présente. Il y a simplement des « rails » sur lesquels il est plus facile d’avancer. Plutôt que de bifurquer et de s'aventurer sur un chemin de traverse, pour y trouver son bonheur.
Pleinement inscrit dans son époque, ce film majeur nous offre au-delà de l’histoire d’amour, un balcon sur le dévoiement de la classe moyenne éduquée en Iran. Implacable délitement car l’ennemi est à l’intérieur même de la famille ; cette structure centrale et déployée au Moyen-Orient.
Le droit est sorti de son idéal original pour se concentrer sur le contrôle de l’autre. Le protagoniste, homme brillant promis à une honorable carrière abandonne excellence intellectuelle pour des pratiques oppressives, submergé par le sentiment de délégitimation du mâle.
On y voit que l’autoritarisme prend aussi des formes diffuses, et que celles-ci réussissent à transformer la société avec tout autant d’efficacité que les méthodes plus brutales.
Nous ne pouvons rester insensibles au délitement du tissu social iranien car dans nos sociétés interconnectées, nous en vivons -même ici- les conséquences. En face, la société occidentale est au coeur d'une crise financière et économique. Ces dernières semaines l’Iran est revenu sur le devant de la scène et la probabilité d’un conflit militaire est élevée. Les grandes puissances ont chacune choisi leur camp. Qui défendra la paix ? Ou à minima la prise de distance et la négociation ?
La jeunesse ? Tout le paradoxe sublimé par le film est ici. Nous découvrons brutalement que le droit à vivre une vie insouciante ne peut être atteint que dans le cadre d’un combat qui éloigne de l'insouciance recherchée. Choisir entre soumission et résistance est en fin de compte impossible car aucun n’est véritablement réconfortant. Pour les jeunes iraniens épris de liberté le combat est rude car il n’est pas seulement contre une bureaucratie, mais contre une idée-force non dénuée de légitimité, celle du primat des « valeurs morales ». Finalement la séduction des rails est tenace...
J’ai été terriblement touché par cette œuvre qui construit une tension tout en finesse. L'ironie que l'on peut toutefois entrevoir est que dans sa recherche de la liberté l’héroïne choisisse une terre de rêves et d’opportunités, dans laquelle les relations homosexuelles sont aussi réprimées.
andbeyond, Vendredi 10.02.12, 01.34, rubrique "The world".
9 mois de blog. Et l'envie d'autre chose. Parfois j'ai dit des conneries je pense, des choses bien aussi probablement... ; peut-on rêver que cela ne s'efface pas, comme ce que l'on peut écrire -parfois maladroitement, mais toujours avec cette envie de provoquer- avec un caillou sur le sable de la plage ? Mais qui peut y croire ? Le blogging est si liquide aujourd'hui...
J'achève cette aventure sur le résultat de cette élection, et les espoirs fantastiques que cela nous ouvre. Des idées brillantes et des personnes géniales émergent. A nous de continuer à construire cette fabuleuse dynamique.
A bientôt, ici, là-bas, ailleurs, demain, un jour ou par hasard au gré d'une coïncidence... qui sait ce que l'avenir nous réserve... Prenez soin de vous. N'oubliez jamais ce en quoi vous croyez -vraiment-.
Vous êtes tous géniaux. Merci pour tout.
andbeyond, Samedi 08.11.08, 23.53, rubrique "My life".
Elle nous montre que l'on est arrivé au bout et aux limites de ce que l'humain peut extraire, travailler et consommer. On verra donc de notre vivant la mutation vers un système durable, basé sur la décroissance. Cet espoir nous portera et redonnera le sens à nos vies qui nous manque cruement.
Toute la difficulté de la manoeuvre sera de modifier profondément le système économique - et surtout monétaire. Il a en effet été conçu sur une base d'une économie en croissance persistante. C'est pour cela que chaque crise cause des drames humains.
Comme la croissance économique ne peut plus être garantie - arrivant au bout de nos ressources naturelles, note système capitaliste est aujourd'hui obsolète (ou a 10 ans près). Je le répète pour bien savourer le moment : le capitalisme est obsolète. (Mais j'ai pas dit le libre marché hein. Le capitalisme. Ni plus mais ni moins.)
Notre botte secrète, ici, qui nous aidera à reconstruire, ce sera notre instinct de survie. Et pour l'instant, il n'a jamais déclaré forfait.
(Wow.)
andbeyond, Dimanche 26.10.08, 00.11, rubrique "The world".
Dans le fond, ce qui me manque le plus, c'est rencontrer des gens. Passé les deux premières semaines de rentrée où ça faisait tout drôle de retrouver toutes les personnes que l'on a cotoyé il y a 2 ans, c'est plus super top. Pas tellement d'empathie, de gentillesse, de connexions. Donc on se referme dans son monde. Mais on s'y sent bien, on s'y plaît, somme toute, dans cette bulle.
Objectif : trouver d'autres lieux pour faire des rencontres...
andbeyond, Lundi 20.10.08, 01.03, rubrique "My life".
La difficulté de nos sociétés aujourd'hui créent des crises. Nos failles sont sans cesse exploitées, et nous affectent en profondeur. Des gens qui vivotent, certains tombent définitivement, d'autres tentent de reconstruire quelque chose. De ceux qui se relèvent, est-ce que beaucoup d'entre eux se souviendront d'où ils viennent ?
Sur Joueb, en fait, j'ai l'impression que beaucoup d'entre nous sont des "surdoués" (j'aime pas le terme, mais son mérite est que tout le monde le connaît).
Parmi les 2,1% de la population ayant un QI au-dessus de 130.
Cela ne veut pas dire que l'on devine instantanément la réponse 236 * 597 / 24 - 258², ou que l'on connaît le nom de tous les villages d'Aveyron.
En fait, on a un cerveau qui fonctionne d'une manière différente.
"Normalement", il fonctionne séquenciellement, enchaînant chaque idée de manière cohérente et logique. Nous, on a une pensée en réseau. Chaque stimuli évoque des milliers d'idées en même temps, qu'on arrive à analyser sans s'en rendre compte, et en faisant le tri, gardant les meilleures, sans s'en rendre compte.
*
Je veux vous parler de ça parce que des types comme Albert Einstein étaient comme nous. Bill Gates aussi. Nous sommes les seuls à pouvoir prétendre avoir une vie aussi rare + remarquable qu'eux. Et nous n'en avons même pas conscience, car nous sommes constamment à nous poser des questions, encore des questions et nous critiquer.
(Au prochain épisode ce que ça change plus concrètement dans notre manière de penser.)
Ce qui m'a fasciné, c'est cette espèce d'excitation très particulière avant d'aller à une soirée, pendant qu'on se change, se fait beau/belle. Puis sur le trajet.
En cours les moues sont blasées, ennuyées voire dépressives. Et là une espèce d'insouciance excitante, d'éffusion d'émotions.
andbeyond : (Oh j'adore quand tout le monde me dis bonjour) ecilora : Bonsoir! ;) andbeyond : bonsoir :p andbeyond : "L'intelligence, c'est pas sorcier, il suffit de penser à une connerie et
de dire le contraire." -Coluche Songe : Dommage de ne pas avoir écrit davantage avant, je découvre et j'aime bien ce que tu écris :) andbeyond : merci, ça me touche et c'est vrai que ça me donne envie de continuer :) aphone : Salut =) aphone : dis ça veut dire quoi ton pseudo andbeyond ? andbeyond : "On gagnerait une fortune à acheter les hommes pour ce qu'ils valent et à les revendre pour ce qu'ils s'estiment." -La Rochefoucauld paranoia : Tes articles sont vraiment TRES intéressant, il me tarde de parcourir ton blog entièrement ;) stupidchick : fascinant. andbeyond : Peut-être que les "piliers de Joueb" sauront : qu'est devenue Antigone ? As-t-elle toujours un blog ?